« Excusez-moi chère Donzelle, la sortie du boudoir, c’est par où? »

5 Nov

Boudoir, bains, grange…à chaque époque son placard. Qu’on en sorte ou qu’on y reste, nous vous proposons un petit travelling des « coming out » à travers les âges…Attention Marty Mc Fly, vous êtes prêt pour ce retour vers le passé?….

  • L’antiquité ou la sortie des bains.

A cette époque, vous êtes une sculpturale grecque mariée à un notable de la cité. Votre activité principale consiste à prendre soin des marmots et entretenir la maison, Monsieur étant trop occupé à se cultiver, parlementer avec ses comparses et bien sûr, s’adonner à des jeux sexuels de tous genres avec ses collègues de boulot. Rappelons qu’à cette époque, le « véritable » amour se trouve entre hommes, l’ « amour céleste » tandis que votre caverne d’ali baba est réservée au « stockage des produits de nécessité » (hum, hum, vous avez compris quoi…). Heureusement, mieux que la saison des L-Word, vous avez « Les Bains« . Comprenez par là, un lieu où vous pouvez vous retrouver entre copines pour s’enduire de crèmes diverses et variées, vous refaire vos coupes de cheveux hallucinantes, vous masser de la tête…aux pieds,  folâtrer et ce dans une ambiance tamisée propice aux…confidences… 🙂

Monsieur rentre le soir, vous êtes radieuse mais peu en forme pour répondre à ses demandes, les enfants sont partis, votre routine vous pèse et vous tombez un jour sur une annonce placardée en plein Athènes sur un voyage organisé dans une île, juste entre femmes! Vous vous dîtes (et dîtes à votre notable) que c’est le moyen rêvé de changer d’air et revenir en forme. Aller hop, on prend sa plus belle toge et vous voilà sur l’île de Lesbos, le Dinah Shore de l’époque!! Concert de luth, bains à volonté, et travaux d’écriture à vos chères amies restées sur place (devenues les premiers écrits érotiques de l’histoire).

Le mot d’ordre est « Aller zouh, aux bains! »

 

  • Le Moyen-Âge ou On reste dans le confessionnal

Dur, dur d’être une lesbienne. Pour calmer nos ardeurs, on nous colle sur le bûcher, vade retrum Lesbianas, vous avez donc choisi de rejoindre les ordres pour vous préservez des tentatrices. Votre séminaire terminé, vous recevez votre magnifique tenue de bonne soeur mais le problème est que justement elles sont vachement bonnes, ces soeurs… Vous vous efforcez de ne pas y penser, récitez vos prières pieusement mais ne pouvez vous empêchez d’avoir des pensées impures en voyant la sexy Soeur Adriana creuser la terre pour y planter ses choux (à la mode, à la mode…), vous la voyez transpirer au soleil  et surtout, l’entendez gémir lorsqu’elle se flagelle le soir, parce qu’elle a été…vilaine… Ni une ni deux, ses longues jupes loin de vous découragez réveille votre esprit de défi, et vous vous glissez dans sa cellule pour  une confession…très intime. Bref, pour le moment, vous y êtes bien dans ce confessionnal et mieux vaut y rester!

Le mot d’ordre est « Aimons-nous les unes les autres ».

 

  • La renaissance ou Ne boudons pas notre boudoir!

Âge d’Or de l’homosexualité, enfin surtout pour ces Messieurs, c’est la belle  époque du libertinage! On peut se maquiller, se travestir, se coller des mouches au bord des lèvres (qui se retrouveront au bord d’autres…) tout ceci sous l’oeil amusé de ses compères. Mais, vous, vous êtes encore une fois mariée! Alors que Môssieur s’éclate à coup de cravache dans une maison de campagne au fin fond du Comté (et comte) de Bourgogne, vous accueillez vos copines et cousines dans votre boudoir afin d’y parler chiffons, et échanger conseils coutures et pas queue. 🙂 Dévouée corps et âme (surtout corps) à vos semblables, vous êtes prêtes du meilleur comme du pire pour leurs belles perruques poudrées: vous habiller en chevalier d’Eon, tenir les hommes en joue, les prendre toutes sous vos jupons, bref, vous écoutez les élans de votre corps et vous vous exilez pour suivre votre coeur.

Le mot d’ordre est « Cette Histoire est vraiment sans queue ni tête! »

 

Attention, le clip qui suit n’est pas censuré, âmes coquines ne pas s’abstenir…

 

  • Années 1910 ou La motte de foin reste dans la grange.

L’essentiel de la vie est encore dans les campagnes, mais voilà, le fermier et son labourage, ça va 5 minutes. A force de travaux la Belle prend la clef des Champs pour aller y retouver sa voisine la Marie afin de s’offrir un petit désherbage de printemps. Cette terre en friche retrouve enfin ses promesses d’antant et la grange reprend vie grâce aux rires et aux moments complices de nos fermières. Elle s’y détend sous le regard amusé de Marguerite la vache, et les premiers sextoys légumineux font leur apparition. Sonia Rykiel avant l’heure. Il n’est bien sûr pas question d’officialiser cette union qui signifierait douze ans de « Pater Noster » et « Ave Maria » et une condamnation à rester cloîtrée toute la journée à nettoyer les patates à défaut de les récolter.

Le mot d’ordre est : « L’aiguille n’est plus dans la motte de foin »

 

  • Année 1969 ou la sortie du placard

C’est la liberation sexuelle, les moeurs se dérident, et le soutien-gorge s’envole (yeah!) Tout est permis, pour tous! C’est la grande époque d’Hair, du Rocky Horror Show, des pattes d’èph mais aussi des chemises camioneuses, des coupes en brosse et de l’aisselle non épilée. Le modèle allemand fait fureur auprès des lesbiennes, on s’affiche mains dans la poche arrière du jean trop large, et on s’galôche en pleine manif avant de se préparer une roulée. Le poil sur la gambette ne fait pas peur mais est au contraire envoie un message fort, « Je suis libérée du joug masculin, j’aime les femmes, j’assume mon gros poil, et je vais te jetter un pavé ou un cocktail molotov/Heinneken vide ».

 

Le mot d’ordre: « Laissons, laissons, entrez la gaaaaaaazelle! »

  • Années 2010 on fait son « Coming Out »

Aujourd’hui les choses ont bien changé. Dans l’ensemble, on ne se cache plus trop, on tient des blogs 😉 (ouh les rebelles) et on attend la légalisation du mariage ainsi que les droits à l’adoption. Ces centuries d’entrée et sortie dans différents lieux nous ont au moins permis une chose: mieux s’assumer. Après, faire son Coming Out n’est toujours pas une chose facile. On est une working girl qui se respecte et après une longue quête interne, nous avons enfin décidé d’annoncer la chose à nos parents… Parfois, ça prend des années, parfois deux mois, parfois ils le devinent d’eux mêmes. Mais dans tous les cas, c’est un moment essentiel pour avancer, s’aimer telles que nous sommes et se rendre compte que les autres nous aiment ainsi et franchement ça fait du bien. Bon c’est jamais tout rose, hein, faut s’le dire. Parfois, ils encaissent mal, on est à deux doigts de se retrouver au couvent (et on sait ce qu’on y ferait, hi hi hi) ou en quarantaine (tant que c’est dans un boudoir!) et d’autres fois ils sont supers maladroits mais il faut garder espoir, on travaille pour les générations à venir et peut être que d’ici quelques années, d’autres nanas écriront un article qui se finirait par « aujourd’hui, on sort de nulle part, on est…heureuses et on a beaucoup d’enfants! »

Le mot d’ordre: « The Kids Are Alright et nous aussi, merci »


 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :